ZOO Magazine / Déc. 2011 (coup de coeur Zoo)

Bien plus qu'une BD érotique, "Déchus" est le début d'une saga noire et sanglante sur fond de théologie.
Avec pour héros des anges déchus assoiffés de sexe, de pouvoir, et semant la mort à chaque orgasme,
l'univers d'Aurélien Guilbert est celui d'un auteur fasciné par les oeuvres de Frank Miller, Alan Moore, etc...
Le résultat pourtant très personnel passionne de bout en bout.
Se définissant comme un scénariste qui dessine plutôt que comme un dessinateur qui écrit, l'auteur trentenaire développe un univers d'une maturité et d'une sincérité remarquables.
S'il monte en puissance, "Déchus" peut devenir le "True Blood" versions anges et démons de la BD.
On parie sur son succès.

Louisa Amara
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  KRINEIN BD / Jan. 2012

Nous ne chommes pas déchus...
Un album inclassable, très sombre et violent où tout, et surtout le pire, semble être possible.
Au final, une très bonne surprise.

"Déchus" s’ouvre sur le "Notre père", histoire de se mettre directement dans l’ambiance.
Mais attention, on a très vite compris, notamment grâce à la couverture représentant une femme d’un érotisme agressif tenant à la main un chapelet et un pistolet, qu’on n’aurait pas à faire à un ouvrage de catéchisme.
Pour l’auteur, Déchus est un drame intimiste mais il semble plus pertinent de mettre en évidence ce qu’il n’est pas malgré les faux semblants.

Déchus n’est pas un comics.
Malgré l’influence évidente de la série Sin City de Frank Miller (l’album est traité en noir et blanc avec l’utilisation d’une seule couleur additionnelle, le rouge), il n’y a pas la froideur et le détachement graphiques que l’on peut trouver dans les albums de Miller. Ici le trait est plus brouillon, plus sale. Mais là où on perd sans doute en pureté graphique, on gagne en force et d’une certaine façon, en réalisme. Ce monde dégueulasse et corrompu, dans lequel la violence est quotidienne et la morale inexistante, est parfaitement rendu par le trait rageur de l’auteur dont on ressent chaque coup de crayon.

Déchus n’est pas une bd de cul.
On y trouve des scènes très crues mais en parfaite adéquation avec le récit. Rien de gratuit. Dans ce monde de violence, faire l’amour est une force brute qui s’exprime avec d’autant plus de passion et il serait malvenu de s’autocensurer au nom d’une morale qui n’a rien à faire ici. Des personnages camés jusqu’aux oreilles grâce à une drogue appelée l’Eden, dont on découvrira la nature au cours du récit, baisent dans le sang et flirtent avec la mort dans un ultime élan vital. Le sexe y est frontal, agressif, sans une once d’amour ou de plaisir, mais plutôt vécu comme une scarification, un acte violent permettant de se confronter à ses démons
qui prennent réellement corps sous l’effet de la drogue.

Déchus n’est pas une œuvre ésotérique ou mystique.
On n’y trouve pas de morale alambiquée empreinte de judéo-christianisme. Si on y voit des personnages de la culture occidentale comme Eve ou Gabriel, ils sont ici détournés, victimes d’un système dans lequel ils ont perdu pied plutôt que véritables instruments de Dieu. En effet, nous sommes plus proches de l’occultisme d’un John Constantine dont Guilbert revendique l’influence, que d’une resucée grossière façon Dan Brown.
Déchus c’est plutôt une bande dessinée ayant digéré une multitude de comics, et principalement les comics noirs restitués avec originalité dans des codes plus européens.
Aurélien Guilbert étant le créateur du site www.heykids-comics.com consacré aux comics, il n’est pas surprenant que ces derniers soient pour lui une source d’inspiration, ce que l’on note dans le dessin, mais aussi dans la structure même du récit avec un découpage particulier et une narration déconstruite, qui demandent une certaine concentration. Tout dans l’album est pensé avec minutie et on entre de plein pied dans cet univers en proie au chaos et à la destruction par un prisme maitrisé, ce qui confère au bordel décrit d’autant plus de réalisme.

En ce qui concerne le pitch, il ouvre sur de multiples possibilités à découvrir dans les albums qui vont suivre. Sachant qu’il s’agit d’un album d’exposition, on apprend qu’Esthel est envoyée sur Terre pour buter les anges ayant choisi de s’incarner dans un corps de chair et ayant découvert des "sensations physiques à damner un saint", mais elle va vite s’apercevoir que gérer ces nouvelles pulsions est plus complexe qu’il n’y paraît et que d’autres enjeux existent.

C’est donc un album plein de promesses que ce premier verset, qui met en scène des personnages attachants et travaillés. Guilbert propose ici un travail maîtrisé et original, assez violent, mais ouvrant de nombreuses perspectives. En signant sa première œuvre en tant qu’auteur complet, il met en avant de véritables talents de conteur qui a su absorber diverses influences pour créer une œuvre personnelle.

Maixent
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  BDthèque / Décembre 2012

Très bel objet pour commencer !
J'accroche vraiment à cette couverture qui nous présente le personnage de dos, un flingue dans
une main et un chapelet dans l'autre.
Tout est ici déjà posé. Ce noir et blanc très bien maîtrisé par Aurélien Guilbert et qui impose une ambiance dure et sombre, et ce rouge qui viendra renforcer la noirceur et le côté violent du récit.

Très inspiré des comics noirs américains, (il assume d'ailleurs pleinement ses influences), Aurélien Guilbert
nous concocte avec ce premier album introductif un concentré de noirceur, de sexe et de violence.
Son trait épais et nerveux, ses découpages et ses mises en pages, sa gestion du noir et blanc mâtinée de rouge : tout concourt pour donner une puissance optimale à l'ambiance noire qu'il compose et à la tension qu'il impose à sa narration.
Chaque élément est savamment dosé et distille avec justesse les émotions qu'il veut nous faire traverser pour
rentrer dans son récit. Les dialogues sont souvent crus, mais les personnages qu'il campe sont dans leur rôle, et la violence est omniprésente mais fait partie intégrante de l'univers qu'il nous propose.

Le seul reproche que je ferais au premier tome de cette série tient à la narration qui passe sans cesse du présent à des flashbacks qui nécessitent une attention très soutenue.

En tout cas, j'ai vraiment apprécié ce premier opus de cette série "Déchus" et c'est avec intérêt et curiosité que j'attends d'en découvrir la suite à venir.

Paco
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  L'AVIS DES BULLES Magazine / Mars 2012

"Déchus" pourrait donner à penser qu'elle n'est qu'une bande dessinée à caractère pornographique comme tant d'autres. Force est de constater que cette série, qui est la toute première oeuvre d'Aurélien Guilbert en tant qu'auteur complet, dépasse de loin ce genre qui au final n'en représente qu'une infime partie. Si l'on assiste à quelques scènes coquines, celles-ci ne sont là que pour servir un scénario fantastique où Dieu veut se venger des anges déchus qui sèment la mort à travers le sexe.
L'histoire peut paraitre plutôt glissante mais l'auteur arrive à donner une deuxième lecture à son propos, plus profond qu'il n'y parait. Bien plus que le combat du Bien et du Mal, il évoque la perte de repère, le deuil et la recherche de soi par le biais d'Esthel qui, au final, n'a pas vraiment demandé à être là et subit les dommages collatéraux de la folie et la perversion des autres.
Ainsi avec une bichromie rouge/noir, l'auteur amène son lecteur dans un univers d'une grande noirceur où se mélangent érotisme, fantastique et intrigue policière, et parvient à le tenir en haleine du début à la fin.
Un ouvrage étonnant qui donne envie de voir jusqu'où il va emmener son héroïne mais aussi ses lecteurs.

Christelle Bouquey
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  PLANETE BD / Jan. 2012

Esthel, sorte d’ange exterminateur, a été envoyée par le créateur au royaume des déchus.
Sa mission : traquer et éliminer ces êtres irrécupérables. Un thriller fantastico-religieux noir et
désespéré, sous drogue et sexe. Étonnant et piquant.

Ce qu'on en pense sur la planète BD : Une personne déchue a perdu son rang, sa réputation ou sa dignité
pour avoir violé, tué ou trop dealé. Dieu a donc décidé de se venger grâce à des anges.
C’est avec ce pitch étonnant et casse-gueule que l’auteur, Aurélien Guilbert, entame cette série inclassable et originale. Avec maîtrise, il développe néanmoins un univers intéressant fait d’étrangeté, de mystère et de tension, croisant les genres du fantastique et de l’érotisme, en passant aussi par la religion et le thriller.
Dieu et Satan ne sont jamais loin… Porté par une bichromie en rouge/noir et des découpages variés et soignés, le récit fait alterner dialogues entre personnages et voix-off. Le récit s’appuie sur une narration éclatée qui multiplie les allers-retours entre passé et présent, et exige en retour une bonne concentration. En quelques planches, l’auteur campe des personnages denses, fixe un décorum sombre, annonce les enjeux du pire et parvient sans difficulté à nous tenir en haleine avec une histoire de trafic de drogue entre bandes rivales, où chacun est en sursis, damné pour avoir trop péché.

Avec son format comics, la BD fait évidemment penser à Frank Miller (influence assumée par l’auteur),
ne serait-ce que par ses encrages lourds soulignant toujours plus la noirceur désespérée du drame en train
de se jouer. Mais attention : Déchus est bien plus qu’une simple "BD de cul".
Sous la forme d’une quête initiatique rythmée et angoissante, Déchus est aussi une petite réflexion intéressante sur la névrose existentielle et l’identité. Si le scénar est à la hauteur des ambitions affichées, le dessin sert quant à lui habilement le propos dans une ambiance glauque et sataniste, violente et prenante.
Pour sa première série en tant qu’auteur complet, Aurélien Guilbert montre là de belles qualités et signe un
premier tome convaincant, augurant d’une série au fort potentiel.
Et comme dirait l’auteur, "au royaume des névroses, Eros et Thanatos ont encore de beaux jours devant eux".

Olivier Hervé
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  CASE DEPART / Jan. 2012

"Déchus", les anges sont sur Terre !

On pense que les anges n’ont pas de sexe. Simplement des ailes pour s’envoler au Paradis.
Pour les Déchus, la réalité est différente. Ils sont morts mais vivent sur Terre. Un immense terrain de jeux
pour ces anges déchus qui ne vivent essentiellement que pour s’adonner au plaisir sexuel.

Les Déchus profitent d’une vie de plaisir jusqu’au jour où le Créateur décide de mettre fin à cette situation.
Il envoie Esthel sur Terre pour traquer les Déchus et les éliminer un par un. Mais l’ange incarné en jeune femme à la beauté inégalable comprend vite que les émotions et pulsions sexuelles humaines sont très contagieuses.

Cette bande dessinée qui mélange violence et érotisme, où seul le rouge du sang trouble les dessins en noir et blanc, est l’oeuvre d’un jeune auteur : Aurélien Guilbert. En 2005, il utilise son expérience professionnelle pour créer le site "Hey Kids! Comics!".
Après avoir collaboré sur plusieurs ouvrages, la série "Déchus" est sa première oeuvre personnelle.

Samy Magnant
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  BDerotique / Jan. 2012

Nouveau venu, Aurélien Guilbert est un auteur aux influences multiples, entre autres les comics.

En bref, Esthel est un ange envoyé sur Terre. Et elle n’est pas la seule, certains anges ont choisi de venir
par chez nous pour connaître les sensations d’un monde réel et plein de sentiments.
Et c’est l’hécatombe, un ange ayant une relation sexuelle avec un humain fait mourir ce dernier.

Point de départ d’une série, "Cosmogonie" pose les bases de cet univers très proche d’un Jeu De Rôles ("In Nomine Satanis, Magna Veritas" où il était possible de jouer des anges – j’ignore si l’inspiration est volontaire de la part de l’auteur).
Très sombre dans son approche, Guilbert dépeint un monde noir avec un ton pessimiste. Le trait très épais
renforce cette noirceur et ce coté sale qu’a cette Terre. C’est perturbant, mais efficace, car cela sert le récit.
On voit aussi quelques hommages à des auteurs comme Frank Milller et Mike Mignola dans ses cases.
Le sexe n’y est pas présent dans toutes les pages, mais est un élément fort dans ce comics adulte à la française.
Le thème religieux apporte nombre de personnages forts et on sent toute l’ambition de ce jeune auteur.

Le 1er tome est encourageant et on attend la suite !
Esthel réussira t’elle sa mission? Qui est derrière l’Eden? Les révélations promettent d’être fortes.

Découvrez aussi l'interview pour Déchus sur le site BDerotique.
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  GRAPHIVORE / Déc. 2011

Cela n'est pas à proprement parler seulement une BD érotique. On devine bien que l'auteur voulait s'accorder une liberté graphique totale de sa narration et ainsi en proposer toute l'intégralité. Le côté underground de cet album séduira les aficionados et pourrait interpeller ceux qui ne le connaissent pas encore car l'histoire est prenante et le graphisme de noir et de rouge digne des comics contemporains.
La descente de ces anges dans l'enfer qui est le nôtre est en quelque sorte un péremptoire de nos instincts les plus bas. Imaginez... la mort est au bout de l'orgasme, tout un programme !
L'auteur à su rendre avec talent et efficacité toute l'intensité de ce récit. Déchus est le premier tome en 96 pages d’une série fantastico-érotique en 3 volumes dont le premier commence en fanfare. Si le rythme de qualité de production est soutenu, cette série promet d'être l'un des must du genre
!

Sarah Penza
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  AMAZON.FR / Déc. 2011

Brut et efficace !
Si, comme moi, vous n'accrochez pas au style graphique au 1er abord, ne vous arrêtez pas à ça.
Le trait d'Aurélien Guilbert est dur, dense et sombre, l'écriture l'est tout autant.
Les deux s'emmêlent et soutiennent redoutablement bien l'histoire.
Pour un premier album, la narration et le découpage sont déjà diablement maitrisés.
Il me tarde de lire la suite !

Spade
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